Le (B)DS(M) vu de ma lorgnette

(Pour rappel : BDSM = Bondage et discipline, Domination/soumission et Sado-Masochisme)

Ce sujet me touche depuis le plus jeune âge (pas forcément comme vous le croyez !), alors petit historique :

collier de soumission

Plutôt sympa cette photo, non ?

Un beau jour, je devais avoir 6 ou 7 ans, mes parents discutent d’un fait divers (dans mes plus vagues souvenirs ça devait être un anglais décédé lors d’actes rapportés comme « sadomasochistes »). Ne comprenant pas trop de quoi il s’agit, mais que ce n’était pas un sujet pour les petites filles de mon âge, j’essaye de capter les éléments importants de la discussion : ce que mes parents pensent de tout ça. Ils ne sont pas effrayés, « ces pratiques ne sont pas quelque chose d’habituel mais il n’y a pas de quoi avoir peur ». OK, c’est enregistré… et cela ressortira quelques longues années après ;-)

Au début de mes études, une bonne amie se confie à moi et m’avoue qu’elle a rencontré un mec sur Internet. Plutôt curieuse je lui pose quelques questions, mais comprends bien vite qu’il y a quelque chose de différent. « Il me donne des sortes de défis à réaliser », « il m’appelle toujours en numéro caché, je ne connais pas son numéro, je ne peux pas le joindre quand je veux », « Il m’oblige à porter jupe et talons quand je vais le voir », ou encore « Il m’appelle à 3h du matin la veille de mes partiels ». Bref, c’est un type bizarre, il me fait un peu peur. La discussion avançant, je ne comprends toujours pas de quoi il s’agit, et j’ai peur que mon amie se soit retrouvée dans les bras d’un pervers psychopathe (oui oui, celui-là même dont ma mère a peur en permanence quand je lui dis « je discusse avec un mec sur Internet »… je suis sûre que votre maman le connait aussi ;) !). Et puis sa langue se délie et elle m’explique que c’est une relation de domination/soumission qu’elle vit. J’écoute avec curiosité et essaye de me libérer de mes préjugés pour comprendre les enjeux de cette relation (qui semblait alors parfaitement destructrice car j’avais du mal à imaginer son plaisir à elle). Et je finis par accepter ce choix, tout en me proposant « sauveteuse » en cas de souci, dérangeable à toute heure.

Et puis un beau jour, je rencontre dans la « vraie vie » un mec sympa, marrant, intelligent, … bref un mec avec qui ça accroche plutôt bien. Nous échangeons pas mal de mails, de liens sur facebook, bref, on se draguouille fort sympathiquement. Un beau jour, en discutant avec lui sur le net, je remarque une petite phrase anodine (si j’avais le courage j’irai vous la chercher !), puis une autre, puis une troisième subtile allusion… Oh mon dieu, aurait-il un penchant pour le SM ?!! Ni une ni deux, je décroche mon téléphone pour passer un coup de fil à mon « experte » du domaine. Elle ne tarde pas trop à confirmer ce que je pensais, se gardant bien de m’encourager ou de me décourager dans ma démarche. Bien. Bon. Faisons avec, et voyons ce que ça donne.
Ayant bien pris garde d’aborder le sujet avant ma visite « fatidique » chez lui, notre première relation sexuelle est plutôt classique, bien qu’assez « rude » (ce qui ne me déplait pas !). Le lendemain, le sujet du SM est abordé, et il est plutôt étonné de voir que je ne fais pas partie des gamines réticentes. Après s’être assuré formellement et clairement d’un « Amarie, souhaites-tu devenir ma soumise ? – Oui je le veux », notre première soirée dans nos « nouvelles peaux » fut une immense découverte !

Une Domina et sa soumise liée à un arbre

Très érotique !

Ma vision de la domination/soumission est évidemment très proche de celle de mon Maître (qui est désormais mon presque-mari ;-) et beaucoup moins souvent Maître), puisque c’est lui qui me l’a présenté. Dans cet article, je parlerai de Maître et de soumise, mais cela peut évidemment être le contraire (ou 2 personnes de même sexe, ou plus, ou… bref, tant que tout le monde est adulte et consentant, tout va bien :-) !)

1) Dans la relation de domination/soumission, la soumise est la reine. Le « safeword » est primordial dans cette relation, et DOIT être utilisé dès que la barrière de l’acceptable est franchie. Cette barrière est posée par le psychisme et les envies de la soumise, évidemment ! (Notons tout de même que le Maîte a également le droit d’utiliser ce Safeword si le besoin s’en fait sentir !) Le Safeword ne brise rien dans la relation, à part l’évènement en cours. Il permet au Maître de voir qu’il est allé trop loin et donc de cadrer ses actions pour les prochaines sessions. Il n’y a AUCUN inconvénient à utiliser ce mot. Aucun. Jamais.

2) La complicité est primordiale. Le Maître doit très bien connaître/comprendre/ressentir les envies et les réactions de sa soumise. C’est bien de discuter de ses envies respectives avant de mettre en pratique ces petits jeux, mais ce n’est pas toujours évident (le Maître ne doit pas se montrer trop préoccupé par les envies de sa soumise, alors qu’il DOIT le faire ;) !) alors messieurs Dominteurs, OUVREZ GRANDS VOS SENS à l’écoute de votre jouet. Et mesdames les soumises, ne vous restreignez pas dans vos émotions (et si vous aimez trop, votre Maître se fera un plaisir de vous corriger… ;-) !)

3) La domination/soumission est un JEU. Un jeu de rôles, plus précisément. Ni plus ni moins. Pour moi, il est important que cela reste un vrai jeu dans lequel on prend du plaisir. (bien que ce soit plus facile d’être sincèrement effrayée par son Maître lorsque c’est un quasi-inconnu et moins lorsque quelques années d’amour vanille* ont coulé sous les ponts…) Sur ce point, beaucoup d’avis divergent. J’ai choisi mon camp : amusons-nous !

4) Le contrat permet d' »officialiser » mais surtout de réglementer les pratiques au sein du couple. La rédaction du contrat doit être commune et minutieuse. Le contrat devra être souvent réactualisé afin de se lancer de nouveaux défis ;) ou au contraire de retirer une pratique testée et non appréciée par l’un ou l’autre des protagonistes. Quoiqu’il en soit, un rituel de signature est toujours le bienvenue afin de sceller une union (même si elle a déjà pu être consommée avant ;) !)

5) Les échanges avec autres Maîtres/soumises doivent permettre de 1. s’assurer que vos fondamentaux BDSM sont partagés avec ce couple avant d’envisager des actions plus sérieuses avec ces personnes 2. Si ces fondamentaux ou d’autres points divergent, regarder comment la relation se passe dans les autres couples afin de pouvoir s’enrichir (tout comme dans notre vie vanille en fait !) 3. Le dialogue est encore une fois primordial pour éviter toute mauvaise surprise ! (et pour voir tout de même si le feeling est là ;) !)

Et évidemment 6) cette relation implique le consentement mutueldes personnes. La soumise peut tout arrêter lorsqu’elle le souhaite. Il en est de même pour le Maître (car à ce qu’il paraît c’est un rôle aussi très difficile psychologiquement !!!). Pour tout le monde. Tout le temps. (Oui je sais je radote, mais c’est très important !)

Roue dentée

Je consens à utiliser cet outil de torture ! (ou de plaisir…)

Vous aurez remarqué que ce qui m’intéresse le plus est la relation de domination/soumission dans le BDSM. Le sadomasochisme est pour moi un outil pour y arriver. Je reste assez light sur les sévices que j’aime me voir infligés. J’aime me faire légèrement entraver mais absolument pas me faire « saucissonner ». (Bien que le bondage soit un domaine passionnant côté artistique !). D’où le titre de cet article ;)

N’hésitez pas à partager vos points de vue, je suis curieuse de voir ce que les autres pensent (pratiquants ou non, effrayés ou experts !)

* Vanille : « non-SM »

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5 Commentaires (+ vous participez ?)

  1. Alda
    Juil 28, 2012 @ 19:57:32

    Tu m’as perdu ici : « il est plutôt étonné de voir que je ne fais pas partie des “gamines” réticentes. »

    Quand on est réticent on est un gamin ? Belle manière de voir les choses.

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    Réponse

  2. Topper
    Août 02, 2012 @ 08:04:56

    Par “gamines réticentes », je n’ai pas compris que lorsqu’on est réticent, on est gamin mais quand on est gamin, on est réticent.

    A moins qu’AmarieAlice parle en mode « yoda » la position des mots dans la phrase modifie leur sens.

    Bref, rien de choquant avec les “gamines réticentes ». Une image pour généraliser le nombre majoritairement élevé de jeunes femmes abordant les rapports D/S avec méfiance si ce n’est pas du rejet total. Pas besoin de faire d’études pour se rendre compte que le milieu BDSM est surtout occupé par des personnes qui ont plus de 40 ans, qui ont généralement recommencé une nouvelle vie, qui se soucient moins du « qu’en dira-t-on », qui ont décidé de dépasser certaines barrières, etc.

    Même si il y a toujours des exceptions, le goût pour le BDSM est d’autant plus rare que la personne (homme ou femme) est jeune. On peut donc comprendre l’étonnement de monsieur.

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