Les femmes et leurs lèvres

Les femmes et leurs lèvres

Pendant mon adolescence, je savais que dans la théorie je pourrais tomber amoureuse d’une femme.

Dans  la pratique, pendant ma période rebelle, je suis tombée sous le charme d’une belle blonde à jolies formes et d’une grande douceur. Nous nous sommes à peine parlé, mais j’ai beaucoup fantasmé sur notre hypothétique premier baiser…

Du goût des lèvres…

Quelques mois plus tard, plus tard, je me retrouve en soirée avec des quasi-inconnus. Un brin alcoolisée, une fille de 2 ans ma cadette me dit « T’as déjà embrassé une fille ? – Non.  – Ah ouais ?! Incroyable ! Allez, approche ! » Évidemment, j’accepte cette invitation/incitation. Les « Oh ! » faussement désapprobateurs des mâles autour de nous suffisent à gonfler mon orgueil. « Je suis une femme, et je roule des pelles à une autre femme, et les hommes sont immédiatement en rut ». J’ai alors tout juste 18 ans.

Avec du recul, je réalise que je n’ai pas vraiment profité du baiser en lui-même. Je me souviens seulement que c’était doux… Maigre butin !

Lèvres et pomme

Comme une envie de fruits dans cet article…!

Quelques temps plus tard, je reproduis le même schéma pour embrasser une amie, peu ou prou dans le même contexte. De la même manière, elle accepte l’invitation. La réaction de l’auditoire est identique.  Ceci ne m’aide pas à m’ôter de l’idée que tous les hommes sont excités par deux femmes qui se touchent…

Et de la même manière, je n’ai encore qu’un souvenir flou de ce baiser (c’est peut-être le fait de l’alcool, me direz-vous ;-) !). Un souvenir de douceur… (« Douceur » associé à « femme », bonjour les clichés ;-) !)

… au goût des femmes

Les années ont passé. Mon goût pour les femme s’est affirmé et affiné. Sauf qu’alors trop timide pour les aborder, incapables d’imaginer qu’elles pourraient être attirées par une femme d’abord, et ensuite par moi, … rien ne se passe. Les hommes me conviennent très bien.

Lèvres et mangueCela aurait peut-être la fin de ce billet de blog… si je n’avais pas rencontré Élisa !

J’ai 22 ans,  je me suis assez fraichement séparée de mon copain. Ma libido est nulle et je me sens très bien ainsi. Nous nous rencontrons début septembre, à la rentrée des classes, en soirée. Un de mes amis l’a dragué pendant une bonne partie de la soirée, je reste là pour  le modérer un peu dans ses avances… Et c’est ainsi que je fais connaissance de cette jeune fille assez discrète, Élisa.

Les semaines suivantes, nous nous recroisons dans les couloirs de la fac, nous discutons un peu plus, et nous découvrons que nous avions des amis communs. Nous échangeons alors nos adresses électroniques. A l’époque je passe beaucoup de temps à tchater avec mes amis, et c’est très naturellement que nous approfondissons nos discussions en ligne.

Un beau jour, Elisa me propose de sortir boire un verre. Surprise, mais tentée par l’idée, j’accepte de la rejoindre. C’est un moment très agréable, nous rions, nous débattons, nous prenons beaucoup de plaisir à discuter autour de ce thé. Nous prenons alors l’habitude de nous retrouver fréquemment. Je découvre ensuite ses colocataires, et passe de plus en plus fréquemment chez elle pour quelques heures.

Élisa est une fille incroyable. Elle est intelligente, distinguée, belle et très attachée à ses amis. Je suis flattée d’en faire désormais partie.

Amies ?

Mais un beau soir, après une soirée bien alcoolisée bar un bar, nous sommes rentrées chez elle pour « l’after » avec ses colocs. Jusqu’à ce que je remarque qu’elle n’était plus dans le salon. Partie à sa recherche, je la trouve assise par terre, recroquevillée dans le coin de la pièce voisine, seule. Je m’approche d’elle pour m’assurer qu’elle va bien, lui caresse la joue et la regarde dans les yeux pour capter son niveau de détresse. Elle était tellement touchante… Sans vraiment savoir pourquoi, je m’approche de son visage et l’embrasse.

Lèvres et fraiseSes lèvres étaient d’une douceur exquise. Sa peau si douce, sa sensibilité à fleur de peau… Envahie à la fois par sa mélancolie et ce plaisir indescriptible, ce baiser dure de longues secondes. Puis, subitement étonnée de mon geste, je me recule, et perdant un peu les pédales je décide de m’enfuir. J’étais bouleversée sans arriver à savoir si c’était l’alcool qui me procurait toutes ces sensations.

Quelques heures plus tard, elle me fait la plus belle déclaration d’amour jusqu’alors. J’étais perdue, j’ai balbutié quelques  » Je suis désolée, je ne voulais pas te blesser. »

Après  2 jours d’hésitation, je réalise qu’Élisa a toutes les qualités du monde, que je tiens énormément à elle, et que si je ne sors pas avec elle je ne sortirai jamais plus avec personne. Je la retrouve chez elle et lui fait part de mes intentions. Elle me remercie par un baiser souriant, éclatant :-) !

Nous avons partagé notre route pendant quelques mois. J’ai eu un immense plaisir à apprendre et comprendre les baisers d’une femme. J’ai eu la joie de goûter à ses lèvres (et à ses lèvres) encore et encore…

Les femmes et moi aujourd’huiLèvres et groseilles

Depuis, j’ai croisé quelques femmes sur la route libertine que je partage avec mon petit ami. J’ai retrouvé à chaque fois une incroyable douceur, physique j’entends, comme si leurs lèvres étaient recouvertes de soie. Et que sous cette soie il y avait une matière rebondie, avec de la résistance et du moelleux… Un ensemble de je ne sais quoi qui me les fait adorer :-)

Je me demande d’ailleurs comment les hommes font pour abandonner des bouches de femmes pour des bouches d’hommes… Probablement pour les mêmes raison que je m’y abandonne aussi ;-) !

Merci pour votre lecture :)

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Féminisme

Il y a quelques matins, plantée devant la télé, je découvre un jeune homme de 27 ans, visage enfantin, dans un t-shirt « coolos », qui présente son projet entrepreneurial devant les caméras. Exactement le type de mec qui me plait… Il tente désespérément de cacher sa timidité et son stress et de parler de manière posée (ce qu’il ne fait pas si mal) pour expliciter son idée. Il a monté un groupe de sites web qui chacun se positionnent sur une thématique précise, « comme la mode pour les femmes et le high-tech pour les hommes ». PLAIT-IL ?!!!!!!!!

Alors là, je vais m’énerver. Je ne suis pas censée être féministe pour un sou, mais il ne faut pas déconner.
En quoi sa phrase est meilleure que si ces commentaires sexistes n’étaient pas là ? « Comme la mode pour et le high-tech par exemple. » Ca sonne bien aussi. Mieux sûrement. Laissons donc le choix à chaque auditeur, s’il le souhaite, dans sa petite tête, avec ses propres valeurs, d’associer à chaque terme les segments de la population qu’il considère associés. Non ? La liberté de pensée marche-t-elle aussi dans ces cas là, lorsque l’on est avachi devant la TV ? …

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Bref, ce matin, j’ai été féministe. Et il me semble l’être encore. J’en ai un peu honte… Mais POURQUOI ?
Le féminisme, pour moi, c’est se battre pour des détails sans importance en faisant un grand bruit inutile. La question du « madame/mademoiselle » m’a beaucoup fait rire il y a quelques mois. Quel détail insignifiant ! Je coche bien la case que je veux, de toute façon personne ne viendra m’emm…bêter.

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Je me suis toujours considérée anti-féministe. Marre que toutes ces poufiasses aux cheveux courts aux discours moralisateurs (selon sa propre définition de la morale…) ouvrent leur gueule devant les caméras de TF1 pour dire « Je ne veux pas qu’on sache si je suis mariée ou pas » alors qu’elles exhibent leurs alliances aux milles diamants…*
Moi qui défends depuis toujours la stricte égalité des droits entre les hommes et les femmes, et qui défendrai corps et âme un mec qui viendrait gueuler « J’ai envie de porter des mini-jupes et je veux ne plus être accusé d’exhibitionnisme » devant la même caméra.
Moi qui offrirai des Barbie à mon garçonnet et des Légo à ma fillette. Moi qui me battrai pour qu’une femme puisse vendre son corps si elle le souhaite, pour qu’un homme puisse peindre des hommes à poil, pour qu’une femme revendique aimer les gang-bangs et que les hommes s’assument romantiques et amoureux.

Et MERDE. Je suis féministe. Plutôt anti-sexiste pour être plus exacte dans la terminologie. C’est donc bien toujours Isabelle Alonso et Maïa Mazaurette qui me sortent par les trous de nez, mais je comprends maintenant mieux pourquoi. Leurs valeurs sont les bonnes. Leurs idées sont les bonnes. Leurs combats sont parfois ridicules, mais c’est surtout leur communication qui ne me convient pas. Trop d’agressivité, trop peu de féminité, trop d’importance à leurs yeux.
Je suis pour les femmes à poil sur les affiches, tant qu’elles le désirent, car oui, ça fait vendre. Les féministes non. Je me considère respecter les libertés et choix de chacun. Je connais simplement les miens :)

* Ne me frappez pas, hommes et femmes ont chacun le droit d’avoir des stéréotypes qui leurs sont propres, non ?!! ;-)

PS en léger hors-sujet :
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